Mai 1998, de Séoul à Paris


Je m’appelle Sandra, J’ai 23 ans, Je suis née à Séoul en Corée et j’ai été adoptée à l’âge de 11 mois.

A ma naissance, je m’appelais Min-jee Lee. Et j’ai porté ce prénom 11 mois au sein d’une famille d’accueil avant de m’envoler avec d’autres bébés direction la France pour intégrer une nouvelle famille.



Au moment de l’adoption mes parents avaient 38 ans, et avaient déjà deux filles biologiques. Ma mère avait toujours eu envie d’adopter et a embarqué mon père dans cette aventure. Ils sont passés par l’association AEM (Association pour les Enfants du Monde).


Une autre fille était censée prendre ma place initialement, ils avaient reçu le dossier pour adopter cette petite fille, mais malheureusement elle a eu des problèmes médicaux qui ont empêché l’adoption d’aboutir. Puis ils ont reçu mon dossier, et quelques mois après j’étais dans leurs bras.



“ A l'aéroport il y avait plein de dames, avec plein d’enfants,

dans ce lot d’enfants il y avait moi ” .


Mes parents étaient à l’aéroport le jour de mon arrivée, avec mes soeurs, ils m’attendaient.

La rencontre s’est très bien passée, forcément, j’étais bébé, j’avais de grands yeux noirs qui essayaient de comprendre ce qu’il m’arrivait et la nouvelle famille qui m’attendait. Ma mère m’a accueillie comme son enfant, tout s’est fait naturellement.

Pour mes soeurs comme j'étais bébé, mes parents leur ont transmis le fait que je faisais partie de la famille.




“ Un habit traditionnel, un hochet et des photos avec ma famille d’accueil. “


Je suis arrivée avec ces quelques affaires de Séoul, aujourd’hui elles sont les souvenirs d’une vie dont je ne veux pas me rappeler.


J’ai une fois décidé de regarder ces photos au collège, il y avait la mère du foyer d’accueil mais je n’ai jamais regardé ces photos de nouveau. Je pense que j’ai l’appréhension de me faire un souvenir avec eux. C’est un souvenir qui a existé mais que je n’ai plus envie d’avoir aujourd’hui. Depuis petite, mes parents ne m’ont jamais rien caché, j’ai grandis en sachant que ma mère biologique était jeune et ne pouvait pas me garder.


Pour plus tard, je ne me verrai pas adopter un enfant, le courage de transmettre, tisser un lien avec quelqu’un alors qu’il ne te ressemble pas du tout est trop fort à mes yeux.


Je ne ressens pas le besoin de retrouver mes parents biologiques, ce n’est pas un sujet.

Le besoin ne m’est pas jamais arrivé pour le moment. Peut-être qu’un jour j’aurai envie de voir à quoi elle ressemble mais je ne veux pas lui parler car j’ai peur que en sachant la vérité, cela me blesse.

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