La Casa de la Madre y el Niño


Je m’appelle Raphäelle et je suis née le 8 juillet 1982 sous le nom de Silvia, à Bogota, en Colombie. J’ai été adoptée vers l’âge de 2 mois dans l’orphelinat « La Casa de la Madre y el Niño ». Mes parents adoptifs sont français. Ils ont décidé d’avoir recours à l’adoption après avoir découvert qu'ils étaient tous les deux porteurs d'un gène qu’ils ne voulaient pas transmettre. J’ai aussi un frère et une sœur, adoptés au même âge et dans le même orphelinat. Nous sommes tous les trois de parents biologiques différents.



Je sais depuis toujours que j’ai été adoptée en Colombie. Jusqu'à l’âge de mes 10 ans, nous y sommes même retournés chaque année en famille. Mes parents sont devenus amis avec la directrice de mon orphelinat et nous avons eu la joie de fêter là-bas les 50 ans, les 60 ans, puis les 70 ans de cette institution en 2011. J'ai très bien vécu avec mon histoire car nous en avons toujours parlé, j'en suis très fière et j'ai grandi avec elle. J'ai d'ailleurs la double nationalité ! J'en parle très facilement autour de moi. J'attends, par contre, le bon moment pour en parler à ma fille. Elle sait déjà que sa maman est née en Colombie. Je l'emmènerais probablement à la découverte de mon pays lorsqu'elle sera plus grande. J’ai eu des difficultés à l’avoir, et après 7 ans d’échecs nous avons décidé d’enclencher une procédure d’adoption dans mon orphelinat. Je suis moi aussi passée de l’autre côté. Finalement, ma fille est arrivée naturellement au moment de la validation de notre dossier.


En réalité, je ne me suis jamais vraiment posé de questions sur mon adoption, je me suis plutôt dit que j'avais eu beaucoup de chance et que c'était vraiment un acte d'amour de m'avoir confiée à cet orphelinat. Je m'en rends compte d'autant plus aujourd'hui en étant devenue maman. Je ne peux pas porter de jugement et je ne le ferai jamais. Si tout s’est passé comme cela, c'est que le destin en a voulu ainsi. C'est donc une bénédiction.



« Lors de mon dernier voyage en Colombie, j'ai eu la possibilité d'accéder à mon dossier, mais je n'en ai pas ressenti le besoin et je suis tout à fait sereine avec cette décision. »



Je n'avais jusqu’ici jamais réellement souhaité retrouver ma famille biologique. Cependant, après de nombreux évènements survenus dans ma vie et l'arrivée de ma fille il y a 3 ans, je commence à y songer. Je suis à un moment de ma vie où je me pose des questions, je suis en quête de réponses et je ne suis absolument pas fermée à cette idée. Toutefois, ce n’est pas ma priorité, je laisse le temps faire son travail. Si je faisais cette démarche, ce serait en priorité pour ma fille et cela clôturerait probablement le cheminement que j'effectue depuis plusieurs années. Je ne souhaite pas faire ces recherches de façon égoïste.



« Si un jour je les rencontrais, je n'ai aucune idée de ce que je pourrais leur dire, je serais dans le respect, même face au silence. »



D’ailleurs, si ces recherches n'aboutissaient pas, je n'insisterais pas. Encore une fois je laisse le temps faire son œuvre, laisser faire le destin c'est mon tempérament.

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