Top #10 des préjugés sur l’adoption


L’adoption est un univers complexe très peu connu par le grand public, nombreux sont ceux qui connaissent le sujet dans les grandes lignes, mais très peu en savent sur l'implication, les difficultés et fondements que la démarche implique pour toutes les parties, parents et enfants. Et comme chacun des sujets tabous de notre société, l’adoption n’est pas en reste quand il s’agit de préjugés et d’idées préconçues. Il n’est pas rare d’entendre des commentaires et questions de la part de personnes curieuses sur les intentions et raisons d’une adoption, “Tes parents adoptifs sont stériles, c’est pour cela qu’ils ont voulu adopter ?”, “Tes parents, ce ne sont pas vraiment tes parents”, “C’est beau ce que vous faites”. Ces réflexions, bien qu’anodines pour certains, contribuent bien souvent à véhiculer de fausses affirmations et à stigmatiser d’autant plus les personnes concernées par le sujet.


On a donc décidé de vous concocter un panel des tops des préjugés et idées reçues sur l’adoption qui reviennent le plus souvent pour essayer de changer les mentalités sur ce sujet.


#1 Les personnes adoptées veulent toujours connaître leur parent biologique


Contrairement à l’idée reçue, les personnes adoptées ne ressentent pas nécessairement le besoin de retrouver leur parent biologique. La quête des origines étant une notion fondamentale et inhérente à la nature humaine, beaucoup d’entre eux vont tout de même s'interroger, à différents degrés, sur leur passé et l’histoire de leur enfance.

Certaines personnes adoptées une fois la majorité atteinte, font le choix d’entreprendre les démarches pour retrouver leurs parents de naissance, ces recherches permettront à certains de répondre à des questions comme "à qui je ressemble ?”, "pourquoi m’a-t-on abandonné ?” qui ont bercé leur enfance.

Bien souvent la famille accompagne avec bienveillance et soutient les enfants dans cette phase de réflexions et d’interrogations. Ces moments peuvent être faciles pour certains et plus difficiles pour d'autres, l’important étant pour la personne adoptée d’être entouré.


Au contraire, une partie des personnes adoptées ne ressentent pas le besoin de faire ces démarches et c’est tout à fait légitime, certains se sentent entier au sein de leur famille adoptive et ne se posent pas ces questions. Il faut respecter ce choix des personnes qui vous diront “ je ne me pose pas de questions”, “ je n’ai pas envie de savoir”, “ je ne me sens pas adopté”, il n’est pas obligatoire de rechercher sa famille biologique quand on est une personne adoptée.



#2 L’adoption est un acte de charité


L’adoption n’est pas une action humanitaire, l’enfant ne doit jamais se sentir redevable envers ses parents adoptifs. Les parents adoptent les enfants pour ce qu'ils sont et non ce qu'ils représentent. Le regard que les médias portent et relayent sur des enfants souffrant dans le besoin, créer facilement un sentiment de compassion et d’empathie. Mais le risque avec ce genre de raisonnement, c’est de tomber dans le rôle du sauveur. Avoir pour projet d’agrandir sa famille par l’adoption, ne peut exister sur la base seule d’une envie narcissique.

Les couples qui adoptent font ce choix dans l’optique de fonder une famille, tout comme un couple déciderait de faire un enfant biologiquement.


Une grande ouverture de cœur ne justifie ni ne garantit la validité de la personne qui désire adopter un enfant. C’est d’un amour inconditionnel dont a besoin un enfant, il faut être capable de l’aimer quoiqu’il fasse et sans retour. Adopter c’est pour la vie, contrairement à l’engagement humanitaire qui lui peut être annulé à tout moment.


Si nos parents avaient voulu faire un acte de charité ils auraient pu être donateur dans une association ou une ONG, pourquoi se coltiner un bambin avec des couches et des cris ?


#3 Il est plus facile d’élever un nourrisson


Il est légitime que de nombreux parents ressentent le désir d’élever et de voir grandir un nourrisson. Certains parents, approchant leur premier enfant peuvent ressentir de la peur quant au fait d’avoir un enfant plus grand sans avoir appris “ les bases” de la parentalité”. Certains d’entre eux partagent la crainte du rejet et la difficulté d’élever un enfant avec un lourd passé. Mais la réalité montre que le poids du passé n’est pas proportionnel à l’âge de l’enfant.

La réalité est tout autre, en France peu de nourrissons sont placés, le manque de disponibilité créer un écart entre les nourrissons pouvant être confiés à l’adoption et la demande grandissante des parents qui ne demandent qu’à accueillir et aimer un enfant.

Un nourrisson, même petit, est marqué par son vécu si les premiers mois de sa vie ont été mauvais : conditions de gestation et d’accouchement, absence d’affection et de stimulation, etc. Un bébé peut être en plus grande difficulté psychologique qu’un enfant beaucoup plus grand. Il est également difficile avant l’âge de 6 mois de déceler les éventuels traumatismes subis avant et après la naissance.


“Aucune étude ni recherche ne permet d’affirmer que l’adoption d’enfants déjà “grands” suscite des difficultés qui seraient à mettre en lien avec des troubles de l’attachement.”

Pédopsychiatre psychanalyste, Pierre Lévy-Soussan


Cependant, à tout âge, chaque enfant et chaque parent peuvent avoir des difficultés à se comprendre et à communiquer, mais cela arrive dans le cas des familles adoptives comme biologique et il ne faut en aucun cas faire de stigmatisation...la crise d’adolescence n’épargne personne ;-)


#4 Les parents adoptifs changent systématiquement le nom d’origine de l’enfant


Le choix du nom revêt une dimension culturelle et identitaire très importante pour les personnes adoptées. Les parents s’interrogent sur la volonté ou non de garder un attachement avec la culture du pays d’origine. Lorsque deux cultures se rencontrent, une culture doit-elle prendre l’ascendant sur l’autre ? Comment conjuguer les deux ?

Souvent, c'est le seul lien entre le pays d’origine et la personne adoptée, il peut être utilisé comme premier élément dans le cadre d’une recherche identitaire. Beaucoup de personnes adoptées sont interrogées sur le sujet au cours de leur vie.