Mon adoption est ce que je suis

Je m’appelle Jaya, j’ai 30 ans et j’ai été adoptée à l’âge de 4 mois. J’habite à Saint Laurent du Maroni en Guyane française depuis 2015. J’exerce le métier d’assistante de direction au sein du Pôle Autisme de l’Adapei Guyane et chorégraphe au sein du Club de gymnastique Graines d’Acrobates. Ma famille se compose de mon père, c’est lui qui m’a adopté, puis de ma mère ( qui est en fait ma belle-mère) qui ne m’a pas légalement adoptée, mais c’est elle qui m’a élevé au côté de mon père. Ensuite, nous avons mon frère qui a trois ans de plus que moi, il a également été adopté.


Mon père s’est marié une première fois à l'Île de la Réunion avec une femme qui ne pouvait pas avoir d’enfants. D’un commun accord, ils ont donc décidé d’adopter. Quelques mois après mon arrivée, ils ont divorcé. Après la séparation, mon père est parti en Métropole pour rejoindre ses parents, avec deux enfants à charge. Pas simple !

Vers l’âge de mes 4 ans, mon père rencontre notre voisine qui deviendra plus tard ma maman, qui ne pouvait - elle non plus- concevoir d’enfant.


Pendant mon adolescence vers l’âge de 15 ans, je me questionnais et cherchais à avoir des réponses sur mon adoption, mes parents bienveillants et compréhensifs ont toujours répondu du mieux qu’ils le pouvaient. Je m’interrogeais sur les raisons du refus de ma mère de me garder, mes origines et pourquoi avais-je été abandonnée ?

Je demandais assez souvent à mes parents "À qui est ce que je ressemble ?”, ils me répondaient “Tu es grande comme papa...mais c’est vrai...tu n’as pas les yeux bleus de maman.” Et on riait tous ensemble. Ma mère me disait souvent “Que ta mère doit être belle !”


Je suis née sous X, par conséquent je n’ai jamais entretenu d’espoir quant à des retrouvailles.

Je me suis contenté de récupérer mon dossier ASE (aide social à l’enfance) et de faire mon chemin. Par la suite, j'ai pu obtenir une photo de moi qui encore à ce jour reste la plus ancienne que je possède. Il n’y avait pas d’informations sur mes parents biologiques, mais cela ne m’a pas touché.

Pour le moment, je ne souhaite pas retrouver ma famille biologique, pour des raisons que j’ignore encore, je n’en ressens pas le besoin. Qui sait, peut-être qu’un jour, je le voudrais.



Notre histoire est magique, tellement complexe mais tellement belle. Quatre personnes réunies par l’adoption, qui s’aiment d’un amour infini et incompris. Si le destin en avait voulu autrement ces quatre parfaits inconnus seraient restés sur des continents différents. Mon adoption n’est ni une force ni une faiblesse. Elle est amour. Elle est ce que je suis. Mes parents et mon frère ne sont pas ma famille adoptive, ils sont ma famille.


Quant à mon avenir, je le vois prometteur, je me suis toujours considérée comme chanceuse, et je ferai tout pour le rester.


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