La peur de l’abandon chez les personnes adoptées. Partie 2/3.



Les principales manifestations d'une peur de l'abandon



N.B : Cet article n’a pas été écrit par un psychologue. Il ne s’agit que d’une introduction sur la peur de l’abandon, rédigée à partir de plusieurs articles et témoignages. Cette peur, bien qu'extrêmement fréquente chez les personnes adoptées, n'est pas systématique. Chaque personne vit son abandon et son adoption à sa manière, il n'y a donc pas de généralité.



Dans la première partie de cet article, nous avons vu que la peur de l’abandon chez les personnes adoptées découlait directement de l’abandon de leur mère biologique, comme blessure primitive. Ce traumatisme est ensuite renforcé par la complexe filiation des enfants adoptés.


La peur de l’abandon reste, toutefois, extrêmement personnelle et la plupart du temps inconsciente. Elle peut donc se manifester de multiples manières différentes. Nous présenterons ici quelques symptômes assez récurrents de cette peur. Néanmoins, plusieurs éléments peuvent être à l’origine de ces troubles ; la peur de l’abandon n’en est pas nécessairement l’unique cause.




I. Les manifestations d’un mal-être psychologique dû à l’abandon


L’abandon de la mère biologique provoque de gros problèmes de confiance en soi et en les autres qui peuvent générer plusieurs troubles chez la personne adoptée. On constate d’abord des troubles du comportement assez fréquents :


- La dépendance affective – c’est-à-dire un besoin, parfois maladif, de s’assurer de l’affection que nous porte les autres – est la plus courante. Cette dépendance se manifeste particulièrement au sein du couple, mais peut aussi se développer dans le cercle proche. La personne touchée ne vit plus pour et par elle-même, mais bien à travers l’affection des autres. Cette dépendance peut provoquer chez elle de la méfiance, une forte possessivité et de la jalousie maladive. La personne touchée a alors besoin de s’assurer de l’exclusivité de sa relation qui est pour elle un indicateur d’affection.


- Au contraire, certains développent une peur de l’attachement ou un renfermement sur soi, pour se protéger. La personne traumatisée va éviter de s’attacher, empêchant ainsi quiconque de la décevoir ou de lui faire du mal en l’abandonnant à nouveau. Dans sa vie sentimentale, cette auto-protection peut se caractériser par une peur de l’engagement.


- Des comportements d’auto-sabotage s’observent aussi, découlant d’un cruel manque de confiance en soi. L’adopté se juge au plus profond de lui-même voué à l’échec et à l’abandon, profondément convaincu de ne pas mériter le succès, l’amour, le bonheur… en raison de son passé traumatique. Il va alors causer son propre échec par une série d’actions, purement inconscientes, contraires au bon déroulement de son projet (relationnel, professionnel, etc.).


Cette liste n’est pas exhaustive, d’autres comportements peuvent se manifester. Ces différentes peurs peuvent générer des angoisses. Lorsque ces peurs et angoisses ne sont pas écoutées, qu’elles sont refoulées, elles peuvent vite devenir chroniques et engendrer des troubles anxieux, tels que des crises d’angoisse, voire une dépression.



II. Les tendances comportementales observées dès l’enfance


Généralement, la peur de l’abandon se manifeste dès l’enfance chez les personnes adoptées. Cette peur, déjà majoritairement inconsciente chez l’adulte, sera encore plus enfouie chez l’enfant qui ne saura que très rarement exprimer ce qu’il ressent. Cette peur va donc affecter l’ensemble de son comportement. On observe alors trois tendances générales :


- L’enfant « sage » : Certains enfants, afin d’éviter de revivre la violence de l’abandon, vont tenter de satisfaire toutes les attentes de leur entourage, d’être parfaits. Ce comportement traduit un fort désir d’acceptation et parfois un sentiment de culpabilité face à leur passé. Cette fois-ci, en ne commettant aucune erreur, ils n’auront aucune raison d’être abandonnés. Ces enfants cherchent ainsi l’amour et la fidélité de leur famille adoptive.


- L’enfant « rebelle » : L'enfant va se montrer particulièrement insolent, voire violent. Ce comportement est très fréquent chez les adolescents notamment, qui sont alors en proie à de nombreux questionnements et à la recherche de leur véritable place. Chez les enfants adoptés, ce comportement peut-être d’autant plus extrême en raison de leur filiation particulière et de l’absence de vérité quant au passé de certains. Il peut traduire une forte colère intérieure. Il permet aussi à l’enfant de tester les limites de ses parents. Ce dernier s’assure ainsi de la solidité de sa filiation et que, quoi qu’il arrive, il ne refera plus jamais face à la douleur de l’abandon.


- L’enfant « fermé », « solitaire » : La peur de l’abandon peut aussi se traduire par un repli sur soi-même. L’enfant adopté se crée une carapace afin de faire face à un possible abandon futur. Il évite de créer des liens affectifs et de s’ouvrir aux autres, se protégeant ainsi de toute déception.


Ces trois types de comportements se manifestent au sein de la cellule familiale. Toutefois, ils débordent souvent dans les autres aspects de la vie de l’enfant : à l’école (enfant prodige, mauvais élève…), auprès des autres enfants de son âge (fort besoin d’acceptation dans un groupe ou, au contraire, repli sur lui-même…), etc.

Ces comportements peuvent aussi se manifester à tour de rôle. Un enfant peut être très sage, puis devenir insolent en grandissant, ou bien l’inverse. De la même manière qu’il peut se comporter différemment selon les personnes, être extrêmement agressif au sein de sa famille et adorable avec ses amis.



On retrouve finalement les notions de dépendance affective ou de peur de l’attachement déjà développées précédemment. Les enfants peuvent aussi être victimes de troubles anxieux ou de dépression. Leur difficulté à exprimer clairement leur mal-être et à en identifier les causes peut intensifier le refoulement de cette peur et des angoisses qui l’accompagnent, favorisant ainsi des séquelles à l’âge adulte. Certains épisodes anxieux, par exemple, peuvent alors faire surface lorsqu’une émotion, une situation, rappelle inconsciemment à la personne son passé traumatique. Son « enfant intérieur » prend alors le dessus sur l’adulte.



La peur de l’abandon est extrêmement traumatisante et handicapante. N’hésitez pas à vous tourner vers un spécialiste pour surmonter cette peur et aller de l’avant. Nous espérons que cet article vous permettra dans un premier temps de mettre des mots sur vos émotions, vos réactions, et qu’il vous donnera des pistes de recherche dans votre quête de la paix intérieure.

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des retours ou des questions. La dernière partie de cet article, contenant quelques conseils pour apaiser cette peur, arrivera prochainement. 🤗 💗

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