La peur de l’abandon chez les personnes adoptées. Partie 3/3.



Comment sortir d’une peur de l’abandon ?




N.B : Cet article n’a pas été écrit par un psychologue. Il ne s’agit que d’une introduction sur la peur de l’abandon, rédigée à partir de plusieurs articles et témoignages. Cette peur, bien qu'extrêmement fréquente chez les personnes adoptées, n'est pas systématique. Chaque personne vit son abandon et son adoption à sa manière, il n'y a donc pas de généralité.



La peur de l’abandon n’a malheureusement pas de solution miracle. Elle découle, chez les personnes adoptées, d’un traumatisme extrêmement fort et enfoui depuis l’enfance. Le chemin peut donc être long pour apaiser cette souffrance. Toutefois, cette peur n’est pas une fatalité. Mener un travail sur vous-même vous permettra de l’apaiser, voire de la surpasser.

Dans ce dernier article, nous verrons quelques pistes pour faire face à cette peur.

1. Le premier pas : prenez conscience et admettez votre peur

La peur de l’abandon comme nous l’avons vu est souvent inconsciente et refoulée.

Or, il est très important d’y faire face pour travailler dessus, l’apaiser et, encore mieux, la surmonter. L’identification de cette peur peut se passer de manière différente selon les personnes. Certains vont avoir un simple déclic en lisant des articles sur le sujet, en regardant des vidéos... Ils vont se reconnaître et pouvoir amorcer leur processus de guérison. D’autres auront besoin d’une aide extérieure active pour admettre leur peur. Cette prise de conscience constitue la première étape.

À partir de ce moment-là, si ce n’est pas encore le cas, il vous faudra pleinement reconnaître et admettre l’abandon passé, afin d’avancer. Ne refoulez pas cet épisode douloureux, admettez-le, aussi difficile que cela puisse paraître.

Cette étape est primordiale pour amorcer votre travail de reconstruction.

Rappelez-vous toutefois que, si cet abandon fait indéniablement partie de votre histoire, il ne vous définit néanmoins pas. Un abandon passé n’est pas le présage d’un abandon futur. Ce travail d’acceptation peut être long, mais rien ne presse. Allez-y à votre rythme et sereinement.

2. Recentrez-vous sur vous même

Les personnes victimes d’une peur de l’abandon ont tendance à centrer toute leur attention et énergie sur les personnes qui leur sont chères. Il est très important de se recentrer sur soi, de prendre le temps de s’écouter. Le manque de confiance en soi est un des principaux symptômes de la peur de l’abandon. Renouer avec vous-même vous permettra sûrement d’apaiser certaines craintes et de modifier les comportements qui en découlent. Lorsque vous ressentez des émotions négatives, essayez d’en déterminer les raisons. Votre réaction est-elle justifiée face à telle ou telle situation ? Ou n’est-elle provoquée que par le souvenir d’un traumatisme passé ? Identifier vos réactions selon chaque contexte pourrait vous permettre de rationaliser vos émotions.

Apprenez à vous aimer vous-même et à reprendre confiance en vous. Ne cherchez pas votre valeur uniquement dans les yeux des autres. Ces conseils peuvent paraître banals, mais en développant votre confiance en vous vous pourrez diminuer cette peur. L’idée d’abandon vous paraîtra sûrement moins effrayante si vous avez la certitude que vous pouvez aussi compter sur vous-même.

Pour cela, vous pouvez réaliser des exercices de développement personnel ou tenir un journal dans lequel vous pourrez faire le point sur vos émotions et partagez vos succès. Ceci peut constituer une première auto-thérapie.



3. Suivez une thérapie pour un travail en profondeur


Si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un spécialiste qui pourra vous aider à travailler en profondeur sur vos émotions et vos ressentis.

La peur de l’abandon se niche dans votre inconscient. Une thérapie adaptée pourra donc vous permettre de soigner votre traumatisme. Vous pouvez opter pour une psychothérapie traditionnelle, mais d’autres méthodes s’offrent aussi à vous.


L’hypnose, par exemple, peut s’avérer extrêmement efficace si vous y êtes sensible. L’hypnotiseur endort votre esprit conscient pour accéder à votre esprit inconscient. C’est en dialoguant avec ce dernier qu’il mène la thérapie.

L’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) peut aussi être très intéressante. Cette technique consiste en une stimulation sensorielle des hémisphères droit et gauche de nos cerveaux en alternance. La stimulation peut être visuelle (le patient regarde à droite puis à gauche, ou inversement), auditive (en faisant retentir un bruit dans son oreille droite ou gauche à l’aide d’un casque audio) ou tactile (en touchant les genoux ou les mains d’un côté puis de l’autre).

Cette stimulation sensorielle active le système nerveux et déclenche une relaxation proche du sommeil profond. Or, c’est pendant le sommeil profond et les rêves que nos souvenirs se rangent dans notre cerveau. L’hémisphère droit est en charge des émotions et des sensations (visuelles, auditives, tactiles), alors que l’hémisphère gauche, souvent décrit comme « rationnel », gère le langage (oral et écrit) et les mouvements complexes. Ces deux hémisphères se répondent et travaillent ensemble. Travailler sur son traumatisme passé pendant une séance d’EMDR permet donc au patient de ranger les émotions qui y sont liées dans sa mémoire autobiographique.

Il existe de multiples thérapies différentes. À vous de trouver celle qui vous convient le plus. Sachez aussi que certains thérapeutes sont spécialisés dans la blessure de l’abandon.

4. Parlez-en avec vos proches

N’hésitez pas à vous ouvrir à vos proches pour expliquer cette peur et vos doutes. Nous l’avons vu, la peur de l’abandon peut provoquer une tendance à la méfiance, à la jalousie, à la possessivité. Ces aspects peuvent être extrêmement handicapants dans une relation amoureuse, mais aussi amicale. Communiquer sur le sujet avec votre partenaire peut être bénéfique. Vous pourrez ainsi vous livrez mutuellement sur vos points de vue et vos émotions.

Parler de votre peur et du manque de confiance en vous qui en découle permettra aussi à vos proches de vous accompagner au mieux et de calmer vos doutes si besoin. Et d’une manière plus générale, se confier est toujours apaisant !


5. Partagez votre expérience avec d’autres personnes souffrant de la même peur

Échanger avec d’autres personnes dans votre cas vous permettra d’extérioriser, mais aussi de très certainement découvrir de nouvelles thérapies, un livre ou des conseils susceptibles de vous aider à apaiser votre peur. Chacun vit sa peur de manière différente, il n’y a donc pas de solution universelle. Certaines techniques ne marcheront pas sur vous, mais seront efficaces pour d’autres et vice versa. Échanger sur le sujet peut donc permettre à chacun d’avancer.

La peur de l’abandon est extrêmement éprouvante et le chemin de la guérison est long, mais il en vaut indéniablement la peine. Quand vous serez prêt à y faire face, vous pourrez entamer un travail sur vous-même pour l’apaiser, la surmonter, et non plus la subir. Bien que vous soyez seul à pouvoir surmonter vos émotions, n’hésitez pas à demander une aide extérieure pour vous accompagner dans votre combat si vous en ressentez le besoin.

Nous vous souhaitons à tous de pouvoir apaiser vos angoisses et guérir de votre traumatisme. L’association Origine reste bien entendu à votre disposition si vous souhaitez vous confier sur le sujet ou partager votre témoignage avec notre communauté 💗📖

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