L'espoir d'une famille réunie

Je m’appelle Sophie, je suis née sous X le 7 juillet 1980 à l’hôpital de Laennec et j’ai été adoptée à l’âge de trois mois à Quimper. Je suis mariée, j’ai trois merveilleux enfants de 15, 11 et 5 ans, et nous habitons à Plourin-lès-Morlaix.

Je suis fille unique dans ma famille, mes parents m’ont adoptée parce qu’ils ne pouvaient pas concevoir un enfant. Ils ont attendu ma venue pendant deux ans, et un beau jour, on leur a annoncé qu’il y avait une petite fille qui les attendait.

Mon adoption n’a jamais été un sujet tabou, mes parents en parlaient librement et ils ont toujours été ouverts à la discussion. Les premières années de ma vie, je n’y pensais pas, je ne me posais pas plus de questions, ce que je vivais était normal. Mais avec le recul de l’âge, je pense étant jeune avoir fait un blocage psychologique sur l’histoire de mon adoption.

Et un jour pendant mon adolescence tout a changé. Je suis entrée dans une phase de rébellion très intense, j’en voulais à la terre entière, même à mes parents. Je n’étais pas facile à vivre. Sous le prisme de la colère, il m’arrivait de dire que je voulais partir, c’est arrivé plusieurs fois.

Les questionnement sur mon adoption se sont intensifiés et puis un beau jour ça s’est arrêté, le temps a passé et ma colère avec.

Je suis reconnaissante envers ma famille d’avoir été aussi patiente et compréhensive avec moi.

Je fais partie intégrante de cette famille, je n’ai pas l’impression d’être un élément ajouté. Je prends souvent l’exemple de ma cousine pour l’illustrer. Nous avons quinze jours d’écart en terme d’âge, elle est brune aux yeux marron et moi blonde aux yeux bleus, on ne pourrait pas faire plus différent physiquement, et pourtant, enfant nous avions une relation fusionnelle. Je n’avais pas besoin de me poser de question et elle non plus, c’était comme une évidence.



Ma première grossesse a changé beaucoup de choses dans ma vie, après l’arrivée de ma première fille, j'ai recommencé à me poser des questions. Ma fille étant mon portrait craché, très rapidement cette question s’est imposée à moi : à qui je ressemble ? Et puis d’autres ont suivi.

Après mûre réflexion, j’en ai parlé à mes parents qui sont d’un soutien sans faille et j’ai décidé d’entamer des recherches sur mes parents biologiques.

Quelque temps après, j’ai pu consulter mon dossier d’adoption. Il est écrit que mes parents biologiques allaient se séparer et que ma mère enceinte à l’époque ne se voyait pas avoir une épée de Damoclès sur la tête et vivre une vie malheureuse. Ils avaient déjà eu des enfants ensemble et elle ne voulait pas se remettre avec lui par dépit. Le dossier mentionne que ma mère était isolée et sortait peu et que mon père biologique ignorait mon existence. Elle a d’ailleurs demandé à ce que mon lieu de naissance soit tenu secret, mais celui-ci apparaît dans tous les papiers. J’ai fait une demande auprès de mon hôpital de naissance pour vérifier si le lieu était bien le bon, car il est possible que l’information soi fausse.

J’ai également appris que j’avais des frères et sœurs biologiques, eux aussi nés à Quimper. Dès que je l’ai su, j’étais scié, puis mon cœur s’est empli de joie parce que je suis fille unique et que j’ai toujours voulu avoir des frères et sœurs, mais aussi de tristesse parce que j’ignore qui ils sont et que je dois vivre sans eux.

Dans cette histoire je n’en veux à personne, mon but initial est de savoir qui je suis. Mais je me dis que peut-être que mon père biologique et mes frères et sœurs seraient contents de savoir que j’existe.

« Rien ne serait plus beau à mes yeux que de former une famille avec ma fratrie, bien plus qu’avec ma mère biologique. »


J’ai commencé les recherches sur ma famille biologique tardivement et en mettant souvent le processus en arrêt. Dans les premiers temps j’ai fait appel à un détective privé, mais j’ai du très vite arrêté par faute de moyen financier, puis-je me suis tourné vers les réseaux sociaux, principalement Facebook.

Grâce à ses recherches, j'ai rencontré une femme née sous X, et le plus étonnant, c’est qu’elle habite à vingt minutes de chez moi. Nous sommes rapidement devenus très proches et s’est-elle qui m’a convaincu de reprendre les recherches sur les réseaux sociaux. J’ai découvert une solidarité et une entraide incroyable sur Facebook, beaucoup de gens que je ne connaissais pas se sont mis à relayer mes publications et certains d’entre eux ont trouvé des pistes d’exploration. Désormais, je ne suis plus seule dans ma quête, j’ai bon espoir de trouvé les réponses à mes questions, et si ce n’est pas le cas, ma vie ne s’arrête pas pour autant. J’ai une famille merveilleuse, et je sais du plus profond de mon cœur que mes enfants ne m’abandonneront jamais.



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