Comment surmonter ses traumatismes grâce à la résilience

Les mots résilience et adoption vont de pair. L’adoption par sa nature implique l’expérience d’une séparation ou d’une perte, et d’un traumatisme ( plus ou moins bien vécu) lié à l’abandon. Chaque personne concernée par l’adoption : parents biologiques, parents adoptifs et enfants sont par la nature du processus, concernés par la résilience.

La résilience permet aux personnes en difficultés de guérir et d’aller de l’avant après une épreuve. Mais que veut dire, être résilient ? Comment être résilient ? Sommes-nous tous égaux face à elle ?




La résilience, qu’est-ce que c’est ?


Le terme de résilience a été rendu populaire à la suite du livre Un merveilleux malheur de Boris Cyrulnik. Il définit la résilience comme la “capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative.”


En d’autres termes, être résilient signifie être capable de faire en sorte qu’une épreuve de la vie (rupture amoureuse, traumatismes, perte d’un proche…) ne nous atteigne pas au point de ne pas pouvoir se relever. C’est être capable de transformer l’énergie négative en énergie positive pour sortir d’une épreuve et aller de l’avant.



Le mécanisme de résilience


La résilience est un processus qui implique l’acceptation de l’adversité. Il est nécessaire d’affronter les événements douloureux, au lieu de le nier. C’est un développement énergique qui s’étale sur un temps, plus ou moins long (selon le profil de chacun) et qui permet de passer au travers des difficultés et même d’en ressortir grandi.



Facteurs de résilience


Face à une épreuve difficile de la vie, chacun de nous réagit différemment : certains semblent s’en sortir sans séquelles et d’autres souffrent, parfois même des années après le traumatisme.

Certains diront que la résilience a un rapport avec l’éducation, la personnalité ou la volonté, mais la plupart des chercheurs et praticiens s’accordent pour considérer que la résilience est un potentiel qui est présent en chacun de nous et qui ne dépend ni de notre éducation ni de notre génétique.

La volonté ne concerne en rien la résilience, car il s’agit selon Ariane Calvo, psychologue clinicienne, psychothérapeute et auteure de Trouver son élan vital, d’un sentiment de valeurs personnelles : le droit au bonheur et à la vie. La pulsion de vie et l’élan vital sont deux choses présentes en chacun de nous, mais pas en abondance et en qualité équivalente, c’est ce qui fait que nous ne sommes pas tous égaux face à l’adversité.



La résilience est un processus


Le fonctionnement de la résilience se décompose en deux temps :


Le premier temps concerne la confrontation du traumatisme et la mise en place d’un processus de résistance psychique, en mettant en place des mécanismes de défense pour permettre de s’adapter à la réalité, tel que le déni, la répression des affects, les comportements passifs-agressifs, l’imaginaire, etc.


Le deuxième temps concerne l’intégration du traumatisme et de la réparation. Elle consiste à un rétablissement progressif, puis une reconstruction à partir du traumatisme. Le but étant de privilégier des formes de protection plus raisonnables et adaptées, comme l’humour, la créativité, l’intellectualisation. L’évolution de ce processus tend vers la résilience.



Comment être résilient ?


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la résilience n’est pas un trait génétique que les gens ont ou non pas. C’est une capacité qui implique des comportements, des pensées et des actions qui peuvent être appris et développés chez n’importe qui. La résilience est ordinaire et non extraordinaire, ce qui implique que nous pouvons tous être résilients.

Développer ce trait de caractère peut non seulement aider à survivre au changement, mais aussi à apprendre à grandir et à s’épanouir dans la vie même en temps de crise.